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Art et Architecture

 

Le vent dans les voiles, Roussil commence Totem Boréal,  un étude pour un immense projet de tour dans le grand nord pour La Société de développement de la Baie-James. En même temps, il fait plusieurs études de villes entières dans lesquelles s’ajoutent de nouvelles formes modulaires.

Robert Roussil, sculpteur

La Boule

En 1969, Robert Roussil s’engage à bâtir une maquette grandeur nature d’une habitation meublée et composée de deux modules : une sphère et un cube. Fabriquée chez lui aux Moulins dans le sud de la France, elle est ensuite démontée, livrée par transport aérien puis assemblée par l’artiste à l’intérieur du Musée des beaux-arts de Montréal dans la salle « Lismer » en mai 1971. Aux petites heures du matin, Robert Roussil répand vingt cm de terre sur le plancher du musée et y plante des arbres et autres végétaux. Le dévoilement a lieu le 3 juin 1971 et la maquette est exposée jusqu’au 5 septembre.

Dès ses débuts, Robert Roussil s’est battu contre le rôle traditionnel du sculpteur, créateur de monuments aux morts.  Au fil du temps, il s’est également élevé contre celui de l’enjoliveur d’architecture ou de l’« abrille marde ».

La Boule est ensuite démontée, retournée aux Moulins et intégrée à sa maison. La structure lui sert toujours en 2011.  

La Boule marque un point déterminant dans l’évolution du travail de Roussil, le fruit de deux recherches amorcées pendant les années 60. La première concerne le rôle du sculpteur.  Celui-ci est-il destiné à décorer les intérieurs bourgeois, les halls des édifices publics et à créer des monuments aux morts ?  Peut-il créer des espaces indépendants et d’importance qui soient utiles ?  Sa deuxième recherche est celle de la conception modulaire.  Cette façon de concevoir la forme, la fonction ainsi que les méthodes de travail influencera l’ensemble de son oeuvre jusqu’aux plus petites de ses sculptures.  On perçoit plusieurs changements dans son « style » dès le début des années 60.

Les Débuts


Les premiers essais datant de 1962 sont des maquettes d’habitation unifamiliales qui ne sont pas encore modulaires et on y retrouve les formes organiques des ses sculptures d’alors.   En 1964, il crée Le Drug une entrée indépendante de l’immeuble puis, au symposium de Montréal, il construit une autre structure de barres d’acier dans laquelle les visiteurs peuvent s’introduire. En 1965, il participe au symposium international de Grenoble et y met en place une structure imposante réalisée à partir de poutres de récupération.  Roussil critique alors  publiquement l’édifice devant lequel se retrouve sa sculpture et par la suite, son oeuvre est démolie.

Art modulaire


En 1974, il publie Art modulaire : histoire d'une sculpture, une réflexion sur la conception et l'utilisation de modules (élément répétitifs) dans l'art monumental

Depuis 1969, Roussil a réalisé de multiples études d’habitation utilisant des modules de boules et de cubes.

Les sculptures monumentales sont dorénavant démontables avec des composantes formelles qui se répètent en des configurations variées.  Elles ont fréquemment un espace intérieur à la manière d’un bâtiment.


La Grande Fonte de 15 m installée en 1974 sur la place Victoria à Montréal est un exemple de sculpture modulaire bâtie de composantes répétées et fortement influencée par les recherches sur les sculptures habitables.

Création de Lieu


Robert Roussil réalise encore  bien des sculptures monumentales de conception modulaire comme Totem et Isolateur en 1977 mais il cherche toujours des projets qui confèrent la primauté à son travail.  Après des années de recherche, il crée un « lieu » en 1982 à St-Laurent-du-Var au-dessus d’une station d’épuration. C’est un jardin de dix sculptures, un environnement humain, indépendant de l’architecture environnante.











Ce projet est suivi d’un autre « lieu » de six sculptures sur le toit du Centre national d’art contemporain à Nice en 1984.   


Le rôle du sculpteur


Robert Roussil est allé au-delà du rôle conventionnel du sculpteur.  Il continue de produire des études pour des projets ambitieux. Il écrit, dessine, parle et s’exprime avec tout les moyens à sa disposition afin de matérialiser  son imaginaire.